mardi 29 septembre 2015

Critique d'Everest (+ la bande-annonce du prochain DiCaprio)


"Hey Ho, Hey ho..."

L’Everest, le sommet du monde…le « Sommet des dieux » est lui aussi victime depuis de nombreuses années de l’expansion et de la démocratisation de l’alpinisme outrancier. Enfin, démocratisation semble être un grand mot puisqu’en 1996, date de « la tragédie de l’Everest », il vous en coûtait pas moins de 65.000 dollars pour pouvoir vous pavaner sur le toit du monde, y faire votre petit selfie et enfin clamser avant même de rentrer vous faire une fondue au fromage. La belle vie.

Dans l’œuvre filmique de Baltasar Kormákur, deux expéditions touristiques sont ainsi mises sur pied pour fouler les cimes du monde et crier à qui veut l’entendre : « je l’ai fait ! », sauf que…sauf que ce film n’aurait pas lieu d’être sans drame, sans que le rêve d’une vie ne devienne celui d’une âpre survie contre les éléments. 
Dès lors, les choses deviennent intéressantes pour le spectateur venu se repaître de sensations fortes.

Et pourtant ! Everest n’est pas un film spectaculaire au sens hollywoodien du terme, les clichés sont démontés les uns après les autres (exception faite d’un sentimentalisme parfois exacerbé) et l’approche quasi-documentaire de Kormákur laisse pantois. D’accord, les images sont impressionnantes et le personnage principal du long métrage, la montagne, est majestueuse à l’écran, mais la mise en scène met avant tout un véritable point d’honneur à rendre hommage à ces zinzins de l’altitude et à leurs guides qui ont bien du mal à garder tout le monde sous contrôle ; entre rivalités masculines primaires et entêtement  jusqu’à l’inconscience, il faut dire que Rob Hall (Jason Clarke) et sa bande ont eu de quoi s’occuper en grimpant les quelques 8848 mètres népalais. Quand certains se contenteraient d’entonner des chants scouts, nos personnages préfèrent jouer à qui a la plus grosse, chacun son truc.

Mais pourquoi ? Pourquoi s’aventurer là où le corps se meurt à petit feu ? Le film pose la question, laissant place à un silence embarrassé puis apporte quelques réponses convaincantes, aussi convaincantes que ce casting de très bonne facture, emmené par un attachant Jason Clarke, ayant eu la lourde tâche de remplacer Christian Bale au pied levé. 
Cependant, même si chacun a son petit mot à dire, ses petites répliques bien senties et détachées du genre « je suis un bonhomme, l’Everest me fait pas peur et je gère même par -1000°C » (ou pas), on regrettera tout de même que seuls deux des protagonistes, maximum trois si on se veut indulgent, se détachent du lot et ont droit à un développement digne de ce nom. 
Les autres ne sont que des personnages fonctionnels. Mention spéciale aux femmes qui, exceptée l’alpiniste japonaise, sont toutes reléguées au rang de chouineuses de premier ordre.
D’accord, raconter pareille histoire sur 2h demande des sacrifices mais l’équilibre dramaturgique n’est ici pas toujours optimal et l’émotion s’arrêtera aux frissons pour le spectateur aguerri, nourri aux films dramatiques.

Bel hommage global aux victimes de ces expéditions, Everest offre un regard relativement objectif sur ces accros à l’adrénaline qui, une fois leur rêve à portée de main, perdent toute notion des limites de notre espèce. 
La nature, elle, règne en maîtresse et quiconque ose la défier sans en respecter la démesure s’en mordra les doigts ou…ce qu’il en reste.
Les seuls bémols de cette aventure resteront l’absence d’épaisseur de la plupart des personnages, nous empêchant d’être réellement ému pour eux (certains trépassant même de manière risible), la bande son on ne peut plus générique et enfin le manque de plans vraiment forts, dignes des plus grands cinéastes.

Everest fait néanmoins le job et transpire le respect pour ces gens qui n’avaient pas froid aux yeux dont le périple nous glace le sang, nous laissant ressortir de la salle groggy, le stalactite au nez, à la fois fascinés et abattus par ce spectacle impitoyable. En cela, Baltasar Kormákur surprend et reste certainement un réalisateur à suivre de près.

Note : 7,5/10


Conseillé...
Déconseillé...

     - Aux amateurs de dépaysement.

     - A ceux qui aiment l'approche réaliste, quasi-documentaire d'un sujet.
  


- A ceux qui attendent du grand spectacle.

     - A ceux qui passent une mauvaise soirée en l'absence d'happy ending.



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Je ne peux vous laisser sans avoir partagé la toute neuve et renversante bande-annonce d'un autre film qui semble très dur avec le spectateur, j'ai nommé The Revenant, la nouvelle mouture d'Alejandro Gonzalez Inarritu (Birdman), avec l'inarrêtable Leonardo DiCaprio et le non moins talentueux Tom Hardy. Ames sensibles, s'abstenir...
Sortie belge prévue en janvier 2016, sortie française en février 2016.






samedi 12 septembre 2015

L'avis des autres

Court-métrage réalisé par Clément Bastie et votre serviteur.




Donnez-nous votre avis ;).



mercredi 12 août 2015

Critique du Petit Prince


"S'il vous plaît, dessine moi un mouton."
*Quand le mystère est trop impressionnant, on n'ose pas désobéir*


Comment ne pas être intrigué par ce projet atypique qu’est l’adaptation du Petit Prince ? Best-seller parmi les best-sellers, le chef-d’œuvre mondialement reconnu d’Antoine de Saint-Exupéry a longtemps fait partie de ces romans inadaptables en véritable long-métrage. 
Mais c’était sans compter sur la ténacité de l’équipe française d’Onyx Film qui aura mis pas moins de 9 ans à adapter cette fable universelle, une composante temporelle étroitement liée aux difficultés à rassembler le budget et les idées nécessaires à la mise sur pied d’un film d’1h46, finalement réalisé par le talentueux cinéaste Mark Osborne (Kung Fu Panda).

C’est donc sous un angle tout neuf que Le Petit Prince est abordé ici puisqu’il s’agit d’une histoire dans une histoire…celle d’une petite fille dont le quotidien est dirigé par une mère obsédée par la perfection, voulant faire de son rejeton une personne parfaitement parfaite, menaçant sans même s’en rendre compte ce qu’il y a de plus fondateur dans une vie : l’enfance.
Cependant, la rencontre de son nouveau voisin, un vieil aviateur excentrique, viendra chambouler le quotidien de cette gamine qui, au fond, ne demande qu'à rêver.

Et c'est là que les scénaristes se permettent une astucieuse mise en abyme puisque le vieux bonhomme n'est autre que la représentation animée de Saint-Exupéry,  son rôle étant de faire découvrir à l'enfant l'histoire du Petit Prince et de l'emporter dans son monde fait de rêve et de poésie, l'éloignant ainsi de ce monde d'adultes d'une austérité anxiogène.

A l'écran, la différence entre réel et imaginaire s'étend jusqu'à l'utilisation de deux techniques d'animations complètement différentes; ainsi, Le Petit Prince nous est narré sous forme d'un conte en « papier mâché », dont le rendu sublime doit tout à la fascinante technique de la stop motion qui rend pleinement justice au formidable roman adapté ici.
Le corps du film, lui, prend vie sous forme d'images de synthèse plus classiques qui, sans être mémorables, demeurent efficaces. Ne perdons pas de vue que, si un budget de 60 millions de dollars paraît colossal pour une production franco-américaine, c'est tout de même trois fois moins que le dernier Pixar !
Il convient dès lors de se demander si Mark Osborne n'aurait pas dû optimiser l’utilisation de son budget en prenant la voie du long-métrage en 2D, entrecoupé de ces magnifiques phases en « papier maché », pour un résultat peut-être plus homogène en terme de qualités visuelles, qui sait… mais il faut (hélas ?) toujours composer avec les impératifs des studios qui se doivent de nourrir nos chères têtes blondes aux technologies dernier cri.

Quoi qu'il en soit, la magie opère pendant les deux premiers tiers du film, les thématiques liées au refus d'oublier la candeur de l'enfance ne révolutionneront certes pas le Cinéma mais sont abordées avec justesse et émotion, bien aidées par un casting vocal en grande forme (mention spéciale à André Dussollier) et un rythme agréable, Mark Osborne se permettant de distiller dans son récit quelques touches d'humour qui raviront à la fois petits et grands.

Le dernier tiers du film a par contre de quoi laisser songeur, voire perplexe; jouant la carte du risque narratif, le metteur en scène se détourne du récit originel pour nous proposer une suite aux aventures du Petit Prince, une fin de parcours audacieuse qui ne manquera certainement pas de fâcher les puristes mais qui aura au moins le mérite de pousser un peu plus loin encore les questions abordées par le conte dans sa version papier (mâché ou non) et font finalement de cette oeuvre un objet personnel, avec une interprétation propre à son réalisateur (made in Hollywood), qui prend une tournure d'aventure à l'américaine un poil trop mainstream sans cependant piétiner toute la poésie initiée par « Saint-Ex » puisqu'il s'agit au contraire de la faire revivre dans le coeur de chacun.

Bref, Le Petit Prince est un très bon film d'animation. On ne saura jamais s'il aurait reçu l’approbation de son mystérieux auteur-aviateur mais on en ressort avec le sourire et le sentiment que le pari (osé) est globalement réussi. 

Un aspect visuel plus léché ainsi qu'une fin moins proche des standards hollywoodiens aurait certainement permis à Mark Osborne de tenir là son chef-d'oeuvre mais ce voyage pétri de nobles intentions fait tout de même mouche et l'enfant en nous se prend à rêver d'un monde arraché à sa tristesse par la puissance créatrice de l'imagination et le refus catégorique d'entrer dans des cases toutes faites, des cases devenues...des cages.

Note : 8/10


Conseillé...
Déconseillé...

     - Aux petits et aux grands (enfants :).

     - Aux amateurs d'animation en stop motion.
  


- Aux puristes hardcore.

     - A ceux qui ne voient bien qu'avec les yeux... ;)




jeudi 2 juillet 2015

Critique de Vice-Versa



2010 semble avoir marqué un tournant pour Pixar puisqu'après la sortie de Toy Story 3, plus aucun grand film n'est sorti du chapeau de ces magiciens de l'animation, comme si l'ampoule de la lampe bondissante, mascotte du studio, s'éteignait petit à petit. Il faut dire que Cars 2 reste à ce jour la pire suite made in Pixar et que Rebelle et Monstres Academy sont sympathiques mais pas inoubliables.

C'est alors que revint Pete Docter sur le devant de la scène, l'homme derrière Monstres et Cie et Là-Haut, excusez du peu.
Le gaillard qui avait déjà exploré l'enfance et les vertus (mais aussi les désillusions) de l'innocence de fort belle manière dans ses deux réalisations, décide cette fois d'y aller sans aucune concession: « et si nous explorions l'esprit d'une gamine en perte de repères? ».
L'idée est lancée, le concept est d'une richesse inégalable au vu de la complexité de l'esprit humain mais Docter décide rapidement de canaliser ce projet casse-gueule en se focalisant sur les émotions, et plus précisément 5 d'entre elles: la joie, la tristesse, la colère, le dégoût et la peur qui se matérialiseront en autant de personnages hauts en couleurs à l'écran.

Riley, le personnage principal de Vice-Versa, est donc une petite fille à qui tout sourit: elle est adorée de ses parents, aimée de ses ami(e)s et est épanouie dans tout ce qu'elle fait, jusqu'au jour où un changement dans sa vie va complètement chambouler ses émotions
Et c'est là que, après une introduction nous exposant rapidement le fonctionnement du quartier général émotionnel en jouant principalement la carte de l'humour (on n'est pas dans «Il était une fois la Vie» non plus) le film prend une tournure étonnante et de plus en plus dynamique, jonglant avec brio entre la dure réalité de Riley et le « joyeux » capharnaüm se déroulant dans sa tête en ces moments de désolation chronique.

Vice-Versa devient dès lors un véritable rollercoaster des émotions, nous transportant dans diverses zones de l'esprit telles que le labyrinthe de la mémoire à long terme, le studio des rêves ou le cachot du subconscient pour devenir un émerveillement de tous les instants.

Le film au rythme impeccable brille d'une inventivité omniprésente, alternant tranches de rire et mélancolie pure, il est une ode au lâcher prise, à la fin de l'enfance et à l'acceptation de la tristesse comme élément faisant partie intégrante de notre vie. Pete Docter livre une oeuvre paradoxalement abstraite pour toucher au réalisme du ressenti, comme c'était le cas avec Là-Haut qui, sous ses airs de film d'aventure, nous parlait du deuil, un sentiment cruel et pourtant universel, de ceux qui sont trop souvent boudés par les dictats d'une industrie de l'animation positiviste à tout prix.

Aussi, si Vice-Versa plaira sans doute aux enfants de par son univers coloré et désopilant, il parlera d'autant plus aux adultes par le biais de ses thématiques qui les ramèneront à l'enfance dans tout ce qu'elle a de plus exaltant et fondateur mais surtout...éphémère.

Ainsi, fort de son montage alterné entre réalité et psyché d'une précision digne d'un Inception, appuyé par une bande originale d'un Michael Giacchino très inspiré (les fans de Lost ne manqueront pas de repenser à leur série fétiche à l'écoute du joli thème final) et nous laissant sur notre faim dès l'apparition du générique tant on reprendrait bien encore une part de ce bonheur cinématographique, Vice-Versa est le nouveau chef-d'oeuvre de Pixar, celui qu'on n'attendait plus et d'une qualité qu'on n'est probablement pas près de revoir étant donné la ribambelle de suites (Le Monde de Némo 2, Toy Story 4, Les Indestructibles 2) que prépare actuellement le studio en marge du Voyage d'Arlo aux attributs visuels pour le moins discutables.

Bref, en attendant impatiemment le retour de Pete aux commandes, on est déjà tenté de lui demander : « quoi de neuf, Docter? »

Note : 10/10


Conseillé...
Déconseillé...

      A tout le monde sauf...
  


      ...A ceux qui ne possèdent pas les 5 émotions.


samedi 6 juin 2015

3 bandes-annonces à ne pas manquer.


Philippe Petit et Joseph Gordon-Levitt sur le tournage de The Walk.


Aucune envie de vous enfermer au ciné en ces magnifiques journées ensoleillées?
Ca tombe bien puisque les meilleurs films de l'année semblent avoir choisi l'automne pour envahir nos salles obscures.

A commencer par Everest réalisé par l'Islandais Baltasar Kormàkur et comptant dans ses rangs Jake Gyllenhaal, Josh Brolin, Jason Clarke et Keira Knightley; ce long métrage d'ores et déjà époustouflant visuellement nous entraînera dans le sillage de deux expéditions ayant pour but de gravir le plus haut sommet du monde. Un périple qui, selon l'histoire vraie, a tourné au fiasco et devint une lutte âpre pour survivre
A quel point? Réponse le 23 septembre sur grand écran.






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Poursuivons avec le second événement cinématographique de cet automne, j'ai nommé la sortie de The Walk du grand Robert Zemeckis. Basé sur l'extraordinaire histoire de Philippe Petit, funambule de l'impossible qui s'était mis en tête cette idée complètement folle de traverser sur un câble l'espace séparant les Twin Towers.
Joseph Gordon-Levitt portera tout le poids de ce beau rôle sur ses épaules de tout grand acteur en devenir (il est d'ailleurs amusant de l'entendre s'exprimer avec un accent français plutôt crédible). Il est accompagné de Charlotte Le Bon, Ben Kingsley et James Badge Dale
Sortie vertigineuse le 30 septembre.





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Et terminons par la nouvelle sortie de Tonton Steven, avec en guise d'acteur principal le vieillissant mais toujours bouleversant Tom Hanks
Le Pont des Espions marque la 4ème collaboration entre ces deux géants du Cinéma et nous racontera la passionnante histoire (vraie aussi, décidément...) de James Donovan, un avocat chargé par la CIA de négocier la libération d'un pilote d'avion américain capturé sur le sol russe en pleine Guerre Froide. Une intrigue que l'on espère aussi nuancée, subtile et captivante que le brillant Munich de Spielberg.
Sortie haletante le 21 octobre en Belgique, le 28 octobre en France.





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jeudi 21 mai 2015

Critique de Mad Max: Fury Road

"On peut même plus pisser tranquille..."

Post-générique n’est pas mort, il agonise mais il est bien là, irréductible et résistant à l’emploi du temps chargé de son auteur (ah si j’étais richeuh…lalalala…hum).

Sachez cependant que pour redevenir un poil plus productif, j’abandonne les émissions régulières et me contenterai d’en sortir une récapitulative au terme d’un(e) trimestre…semestre…année? Je reviens donc définitivement aux critiques écrites et aux réactions tranchées sur l’un ou l’autre point de l’actu ciné.

Ceci étant dit, passons au plat du jour.

Le cinéma Hollywoodien ne sait plus à quel saint se vouer…En 2015, si vous n’êtes pas trop branchés films de super-héros, il faudra vous contenter d’un retour à l’âge d’or du blockbuster (1975-1990) puisque suites, remakes et reboots de franchises archi-connues monopolisent l’écran, laissant de temps à autre un peu d’espace pour la nouveauté, la vraie.

Souvent, ce genre de retour dans le passé est confié à un jeune réalisateur passionné mais facilement manipulable par les studios, qui devra réaliser son film en suivant un cahier des charges très précis, livrant au final une œuvre formatée qui fera un maximum d’entrées sans pour autant laisser son empreinte dans l’Histoire du cinéma. Je vous sens perplexes, mais combien d’excellents films à gros budget avez-vous vu ces 10 dernières années ? Par rapport aux années 90 ? Voilà.

Et c’est en ce printemps morose du cinéma que débarque George Miller, cet Australien septuagénaire surtout connu pour sa trilogie Mad Max dont le 1er opus vient tout de même de souffler ses 35 bougies.

Comment croire à un tel retour après si longtemps? Mad Max 3 étant au mieux un film incompris, au pire un navet bien juteux, il est difficile d’imaginer que Miller puisse aujourd’hui tenir la dragée haute à un cinéma certes balisé mais techniquement impressionnant. Et pourtant…et pourtant.

Mad Max : Fury Road est bien né et va déranger, soyez-en sûrs. Loin de toute convention, le 4ème opus des aventures de Max le solitaire va bousculer le cinéma d’action autant qu’il bousculera le spectateur ; très peu dialogué, là où les films actuels nous écrasent souvent d’un ramassis d’explications tuant tout mystère dans l’œuf, pourvu d’effets spéciaux hallucinants de réalisme, (pour la plupart) dépourvus d’images de synthèse, ce rouleau-compresseur nous saisit aux tripes dès les toutes premières secondes pour ne plus jamais nous lâcher pendant ce voyage SF-punk de 2h sur les terres arides d’un monde en décrépitude totale, aussi stérile et nécrosé que l’imaginarium d’Hollywood. Heureuse coïncidence s’il en est.

Emporté par l’énergie folle d’un convoi dont les rugissements résonnent dans les canyons de Fury Road, le spectateur, tout comme Max lui-même (campé par un Tom Hardy impeccable) se retrouve catapulté au sein d’un conflit dont il ignore d’emblée les tenants et les aboutissants. Une bataille pour la liberté opposant un tyran, Immortan Joe, détenant les dernières denrées de ce monde, à sa meilleure guerrière, l’Imperator Furiosa, protectrice des génitrices d’élite (comprenez des femmes-objets, procréatrices réservées au tyran)

Inutile de vous en dévoiler davantage sur l’intrigue, tout ce que vous devez en savoir est que les personnages archétypaux du long métrage n’ont nul besoin d’un développement outre mesure pour nous marquer. Il faut dire que George Miller a su diriger ses acteurs avec brio, mention spéciale à Charlize Theron (Furiosa), portant tout le désespoir et la colère de cet univers post-apocalyptique dans son regard, une belle performance qui suffit à subtiliser le premier rôle à Max, plutôt vecteur d’action que véritable protagoniste tant il est taiseux, bien que son charisme fasse inévitablement mouche.

Le cinéaste australien nous gratifie donc d’un film important, voué à redéfinir le cinéma d’action et surtout à lui rendre ses lettres de noblesse. Si on peut être impressionné par la précision chirurgicale du montage, être épaté par la mise en scène d’un dynamisme qui emporte tout sur son passage en restant lisible à 100% (bien aidée par une bande-originale peu inventive mais très efficace) il faut aussi reconnaître qu’un film n’est rien sans véritable cœur émotionnel, sans être capable de provoquer une véritable empathie pour ses figures, aussi iconiques soient-elles. Et force est de constater que même dans ce domaine, Mad Mad : Fury Road atteint son but sans trop de mal lors de quelques moments d’accalmie dont je tairais évidemment le contenu tant il surprend.

Cependant, la dernière pépite de Miller n’est pas parfaite, c’est bien là le lot des films jusqu’au-boutistes dans leurs outrances. On peut donc pointer du doigt quelques fautes de goût visuelles, l’un ou l’autre dialogue maladroit et un indéniable côté répétitif au bout de 120 minutes de bourrinage en règle...mais on retiendra surtout la générosité de son auteur et cette étonnante capacité à faire de cette œuvre virile et explosive un subtil plaidoyer pour une cause féminine d’ordinaire mise à mal dans le blockbuster moderne (ou pas, d’ailleurs).


Respect.

Note : 8/10

Conseillé...
Déconseillé...

       Aux amateurs d'action pure.
      - Aux spectateurs qui s'ennuient au cinéma.
      - Aux fans de Mad Max (nul besoin d'avoir vu la trilogie pour profiter à fond de Fury Road)


       - A ceux qui cherchent un scénar' en béton.
       - A ceux qui veulent piquer un roupillon en salle.
       - Aux petites natures.

samedi 18 avril 2015

Retour sur une petite bande-annonce de rien du tout...

Avant toute chose, il convient de préciser que votre serviteur ici présent n'est pas un fervent amateur de Star Wars, loin de là. 

Ceci étant dit, passons au plat de résistance.







Attendue la bave au lèvres par une horde de fans n'ayant toujours pas digéré la prélogie Star Wars, cette nouvelle bande-annonce est une vraie bonne surprise
J.J. Abrams semble mettre un point d'honneur à faire tomber dans l'oubli le plus total les ultimes errances de son idole déchue Georges Lucas, créateur adulé puis -à juste titre- lynché. 

En effet, outre une imagerie suintant la nostalgie par chaque pixel de l'écran, force est de constater que tout le talent d'Abrams semble réellement contaminer cet univers exploité jusqu'alors de manière relativement superficielle (à mon humble avis, l'Univers Etendu n'est qu'une escroquerie mercantile, d'autant qu'il est considéré comme étant "non-canon" depuis 2014...on applaudit?); ici, ce qui nous frappe dans un premier temps est la crédibilité de l'ensemble puisqu'à 8 mois de la sortie (!), tout ce qui nous est montré est visuellement impeccable, semble authentique, et est de surcroit très dynamique.

Mais si le réalisateur des deux derniers Star Trek (le traître...il faut le dire) sait faire plaisir aux vieux de la veille en nous proposant déjà des caméos qui prêtent à sourire (Han Solo et Chewbacca, ou la définition du coup de vieux attendrissant), il est aussi capable d'intéresser les néophytes ou les dubitatifs pour qui Star Wars n'a jamais été qu'un vaste prétexte scénaristique pour finalement montrer des mecs en toge se mettre sur la tronche à coups de néons lumineux ardents. 

Oui, il y a du sang neuf dans ce trailer: un nouveau droïde esthétiquement intéressant, de jeunes acteurs principaux qui paraissent déjà convaincants, et un méchant méconnu qui respire la classe (et sans pompe à oxygène, s'il vous plaît). 
Mention spéciale au thème musical de John Williams, ici remanié à la perfection.

C'est (presqu') un fait, le créateur de Lost et de Super 8 ne nous a pas menti, il a été bercé par la trilogie débutée en 1977 et ce petit bonhomme, désormais cinématographiquement très affuté, semble paré à nous en mettre plein la vue, pour le plus grand bonheur des fans de Star Wars mais aussi et surtout...espérons-le cette fois...celui des amateurs de grand Cinéma.

Le rendez-vous est pris (je me surprends même à l'écrire)...le 18 décembre 2015.

Au passage, si après avoir sauvé l'honneur de Star Wars, un réalisateur bien intentionné pouvait également nous faire oublier ce viol qu'est la trilogie du Hobbit, ce serait fort apprécié. Cordialement.