samedi 30 avril 2016

Que se passe-t-il côté ciné?

Rien de vraiment bon à signaler au cinéma depuis l’anxiogène et clivant 10 Cloverfield Lane ?
C’est plutôt vrai. Si comme votre blogueur vous êtes peu friands de super-héros se tapant dessus pour au final s’allier de manière prévisible contre une menace commune, pas amateurs non plus de remakes visuellement jolis mais au fond très creux (Mowgli si tous nous regardes…), que reste-t-il à se mettre sous la dent en cette période de vaches maigres cinématographiques?

Et bien pas grand chose, il faudra attendre le mois prochain pour se régaler à nouveau en salles obscures
C’est donc l’occasion de faire le point sur les prochains films ayant attisé la curiosité de votre serviteur affamé de bonnes oeuvres:

Un homme à la hauteur 

Cette comédie française qui semble ne pas manquer d’audace et de piquant saura-t-elle relever le niveau des récentes pantalonnades bas du front qui pullulent sur nos écrans (Five n’étant malheureusement pas distribué en Belgique pour le moment) ? Réponse le 4 mai 2016.




-------------------------


X-Men : Apocalypse


A une époque où Batman en est réduit à cogner sur Superman et où Marvel ne fait décidément pas beaucoup mieux de son côté sur grand écran, Bryan Singer compte rappeler à tout un chacun que les films de super-héros peuvent aussi véhiculer des émotions et proposer un certain fond (comme le fait par ailleurs la série TV Daredevil). Singer parviendra-t-il à clore sa saga de main de maître ? Rendez-vous le 18 mai en salles pour le savoir.



-------------------------


Le Monde de Dory


Disney nous prouve de manière quasi mensuelle que la production de films avec des acteurs en chair et et en os n’est décidément pas son point fort. Pourtant très prolifique, la firme aux grandes oreilles ne fait pratiquement que livrer des longs métrages peu originaux, insipides et juste réussis visuellement, néanmoins appuyés par un box-office souvent tonitruant malgré ce nivellement par le bas.
Heureusement, la branche consacrée à l’animation reste en verve et les petits génies de Pixar cherchent à prouver qu’ils demeurent les meilleurs du genre. Le Monde de Dory aura donc  la lourde tâche  de relever ce défi le 22 juin.






-------------------------


The Free State of Jones 


Entre Dallas Buyers Club et Interstellar, en passant par la saison 1 de True Detective, force est de contaster que 2014 fut l’année de tous les succès pour Matthew Mcconaughey. C’est donc avec plaisir qu’on le retrouvera à l’affiche de ce film nous racontant la vie de Newton Knight, un rebelle cherchant à créer un Etat libre en pleine Guerre Civile américaine. Gary Ross fera parler la poudre avec son Free State of Jones le 6 juillet.






-------------------------


Le Bon Gros Géant 


Steven Spielberg n’a de cesse d’explorer de nouveaux territoires et il nous emmène cette fois au pays des géants de Roald Dahl, l’auteur britannique de toute une génération. Futur exploit technique à la Tintin ou échec artistique à la Jack et le chasseur de géants ? Attendons le 20 juillet pour être fixés.





-------------------------


Jason Bourne

Il est de retour pour déterrer une saga moribonde après un 4ème opus plus qu’anecdotique, Paul Greengrass compte bien s’inspirer de notre monde en profonde crise pour offrir un nouveau terrain de jeu et d’espionnage à l’illustre Jason Bourne, une nouvelle fois campé par l’inoxydable Matt Damon. Il faudra s’accrocher à son siège le 10 août prochain.






-------------------------


Captain Fantastic


C’est certainement l’OVNI de cette sélection puisqu’il ne s’agit ni d’un film super-héroïque, ni d’une suite ni d’un remake ni même d’une adaptation, mais bien d’une œuvre indépendante avec le grand Viggo Mortensen, lui qui campe ici un père de famille élevant ses 5 enfants en forêt, à l’abri d’une société matérialiste qu’il devra pourtant réintégrer de force lorsque son épouse et mère de ses enfants succombera à la maladie…
Un film très intrigant et visiblement éloigné du simple mélodrame, que nous pourrons découvrir le 17 août.





-------------------------



Kubo et l’Epée magique


Programmé au 19 août aux USA mais malheureusement le 5 octobre dans nos contrées, le dernier né des studios Laika pourrait bel et bien être le film d’animation de l’année au vu de cette superbe bande-annonce qui n’est pas sans rappeler les plus belles heures du studio, qui nous avait pondu l’envoûtant Coraline en son temps.





-------------------------


Miss Peregrine et les Enfants Particuliers 


Les fans du Tim Burton de la belle époque ont le drapeau en berne depuis presque 10 ans, à savoir son dernier grand film Sweeney Todd. Lui qui faisait rêver les foules avec son habile étrangeté semble s’être perdu dans les méandres caricaturaux de son univers. Reviendra-t-il au sommet avec sa très libre adaptation du roman de Ransom Riggs ?
Nous l’attendons non sans une certaine appréhension pour le 28 septembre.






-------------------------


C'est ainsi que s'achève le planning des sorties estivales attendues par votre blogueur fidèle au poste. Un article consacré aux films de cette fin d’année arrivera plus tard, au moment où il y aura plus de matière pour les présenter.


En attendant, portez-vous bien, je m’en retourne à mes bouquins avant qu’ils ne soient transposés à l’écran pour le meilleur et (souvent) le pire ;).



mardi 1 mars 2016

Le menu 3 services du cinéphile.

On reprend un menu 3 services spécial cinoche avec une petite rétrospective du mois de février qui vient de s’achever. C’est pas faute d’avoir voulu jouer les prolongations cette année mais goodbye February, à la prochaine !

Nous disions donc un menu 3 services hélas sans Spotlight, qui sera vu sous peu, mais avec :


Le Garçon et la Bête

"Le style ne doit faire qu'un avec l'idée, comme le sabre avec la main."

Friand de découvrir de nouvelles japonaiseries (et non « niaiseries »), votre serviteur s’est presque précipité en salle pour découvrir la nouvelle réalisation de Mamoru Hosoda, lui qui commence sérieusement à se faire un nom dans l’animation après La Traversée du Temps, Summer Wars et Les Enfants Loups, tous auréolés de succès critique et public.
Certains s’enflamment et vont même jusqu’à déclarer qu’on aurait trouvé en Hosoda le digne successeur de Miyazaki.
Mais en faut-il vraiment un, d’abord? Pourquoi fabriquer un héritier à chacun quitte à traîner dans la boue le caractère unique de l’aîné?
D’autant que les œuvres d’Hosoda et Miyazaki n’ont pas grand chose en commun. Certes, le premier quart d’heure du Garçon et la Bête nous fait penser au Voyage de Chihiro pour cette découverte d’un monde inconnu peuplé de créatures humanoïdes et, dans un premier temps, hostiles mais Hosoda se démarque par son désir de raconter un récit initiatique où il faut combattre le mal par le mal. Nous sommes donc très loin des vertus pacifistes du cinéma de Miyazaki.

Le Garçon et la Bête nous offre pourtant quelques fulgurances de poésie et de rigolade mais son dernier quart ne pourra malheureusement pas contredire le public considérant les animes japonais comme étant « bruyants et violents » tant l’œuvre s’enlise dans une confrontation finale reprenant tous les poncifs du dessin animé pour adolescent à la Naruto alors que le long-métrage laissait présager d’une issue plus subtile et moins manichéenne jusqu’alors.

Le film reste un bon moment de cinéma et demeure par instants un bijou d’animation mais le style d’Hosoda manque parfois de finesse et d’unicité, sans pour autant être avare en thématiques intéressantes. Un cinéaste à suivre, donc.

Note : 7/10 

 -------------------------------- 


Deadpool

"...or not."


Deadpool est drôle, Deadpool est bien joué mais Deadpool reste écrit comme un Marvel classique, avec les orteils.
D’accord, le personnage tente de casser les codes aussi bien qu’il brise le 4ème mur mais se moquer des super-héros et du passé d’un acteur ne fait pas de Deadpool un film si différent de la masse ; en effet, tous les clichés de l’industrie Marvel sont présents : du méchant juste très méchant à la demoiselle en détresse en passant par la transformation physique décuplant les facultés sans oublier l’acolyte vanneur et « l’origin story » mettant en place la création du costume ainsi que les premières maladresses du héros. On pourrait presque s’amuser à cocher chaque point du cahier des charges à mesure que les actes défilent, et ce peu importe le montage éclaté et la narration utilisant d’innombrables flash-backs. On se demande dès lors pourquoi Ryan Reynolds crie sur tous les toits que Deadpool a mis 11 ans à voir le jour tant le scénario du film est pauvre, aussi maigre que ses seconds rôles…à peine esquissés.

L’œuvre est souvent comparée au cinéma de Matthew Vaughn (X-Men First Class, Kick-Ass, Kingsman,…) sauf que celui-ci est capable de jongler entre ses personnages sans en laisser un seul pour compte, il est aussi bien plus habile pour se moquer des clichés tout en les dynamitant.

Bref, ce pastiche reste le moment satisfaisant du dimanche soir, un one-man show drôle et gras comme il faut mais décevant au regard de la promesse du film frais et réellement subversif qu’il était censé être.
Si vous êtes en quête d’un Marvel différent et déroutant, optez plutôt pour l’excellente série Daredevil lancée par Netflix en 2015.

Note : 6,5/10 

 -------------------------------- 


Zootopie


Qu'est-ce que Zootopie?



Le voici le voilà, le premier bijou de 2016, j’ai nommé Zootopie, un film d’animation qui revêt à la fois les qualités de la fable, de la comédie et du polar. Comment ne pas rester pantois d’admiration devant le dernier-né du studio aux grandes oreilles? Décidément plus talentueux dans son département d’animation que dans celui des films « live », Disney nous livre effectivement son meilleur film animé depuis 20 ans (hors Pixar, bien entendu).

Comment ne pas craquer pour ses personnages hauts en couleur, apportant cette énorme dose d’humour souvent liée à leur condition d’animaux anthropomorphes mais aussi une réflexion plus profonde qu’il n’y paraît sur le « vivre ensemble ». Car oui, Zootopie est le reflet implacable d'une société qui promet monts et merveilles aux plus jeunes mais peine à cacher la misère et la xénophobie qui en émanent tous les jours un peu plus.
Une fois n’est pas coutume, un Disney résonne avec l’actualité et met à l’épreuve nos préjugés tout en questionnant nos qualités humaines dans un monde exclusivement animalier tel que le faisait l’illustre Jean de La Fontaine
Ce Disney n’est autre que Zootopie, une merveille que vous auriez tort de manquer.

(Léger bémol cependant pour le double emploi de la chanson de Shakira)

Note : 9/10 


vendredi 5 février 2016

3 mini-critiques sinon rien.


Ce mois-ci votre compagnon critique a décidé de pondre un billet particulier consacré aux 3 films majeurs du mois de janvier écoulé (qui sont d'ailleurs toujours à l'affiche).

Un format bien plus court donc pour 3 sorties très attendues.


Creed

Tu sais que t'es vieux quand...t'as besoin d'un chapeau sur le ring.


La saga Rocky fête ses 40 ans cette année, quoi de mieux qu’une suite pour fêter l’événement ?
Heureusement, l’initiative s’avère au final moins roublarde que cette question ne le laisse entendre puisqu’il s’agit d’un passage de flambeau définitif plutôt que d’une énième arnaque de producteur véreux.

Ainsi, Creed se déguste avec nostalgie mais pas seulement: Ryan Coogler nous offre ici un vrai beau moment de cinéma avec une imagerie très léchée et dotée de longs plans ébouriffants entre deux moments émouvants, voire bouleversants quand Monsieur Stallone s’y met.
Rocky Balboa lègue ici toute sa science du noble art au fils illégitime de son rival et ami d’autrefois, Apollo… 
Un fils incarné par le prometteur Michael B. Jordan qui s’en sort avec brio mais qui est tellement mis en valeur par Sylvester qu'on est en droit de se demander s’il pourrait porter le poids d’une toute nouvelle saga sans la présence bienveillante de l’Etalon italien.

Il n’en demeure pas moins un solide divertissement, cousu de fil blanc mais vibrant jusque dans ses ultimes secondes, qui saura plaire aux amateurs de success stories, de Rocky ou, tout simplement, de boxe.

Note : 7,5/10

-------------------------------- 


The Revenant

" Mais non Leo, c'est pas comme ça qu'on joue à la barbichette enfin..."

Vous l’attendiez tous, LE film qui va enfin offrir à Leonardo DiCaprio son premier Oscar, une quête devenue finalement plus obsessionnelle pour la presse et les spectateurs que pour le principal intéressé
On finirait presque par croire que ces gens gagneraient 500€ de plus par mois en cas de sacre du "roi Leo"
Ce monde est-il fou ? Quelle importance ? Faut il rappeler que la remise des Oscars reste une cérémonie présidée par certains « Académiciens » assez paresseux pour ne pas regarder l’entièreté de la sélection (source)? Faut-il rappeler qu’il ne s’agit que d’une bande d’amis/ennemis votants les uns pour/contre les autres et s’auto-congratulant d’avoir mis sur pied un lobby suffisant pour gagner ? (source)
Souhaitez-vous vraiment accorder plus d’importance à ce genre de prix plutôt qu’au réel talent des artistes et ainsi entrer dans leur jeu de mégalomanes ?

Bref.

Revenons à notre Revenant et à ses qualités intrinsèques.
Point de vue mise en scène, il est indéniable qu’Alejandro González Iñárritu s’est une nouvelle fois décarcassé ; après son impressionnant Birdman, il assoit sa maestria du plan-séquence et use ses grands acteurs jusqu’à en extraire la substantifique moelle mais abuse en terme de durée et de contemplation.
Car oui, The Revenant est un bel objet technique, oui DiCaprio est impérial, oui il y a quelques scènes qui vous scotchent à votre siège mais oui… on s’ennuie ferme pendant une grande partie du second acte du long-métrage qui paraît décidément très...long.
Pourtant, avec une demi-heure de moins, The Revenant aurait pu être à la mesure de ses ambitions de chef-d'oeuvre mais Iñárritu semble déjà trop aimer se regarder filmer et fait du Terrence Malick là où son propre style aurait largement convenu.

Unanimité de la presse, extase des fans hardcore de Leo DiCaprio, The Revenant est une oeuvre passable qui a pourtant déjà tout du film le plus surestimé de l’année. Merci à l’Académie des croûtons blancs pour cela (source).

Note : 6/10

 -------------------------------- 



Les 8 Salopards/ The Hateful Eight

En fait si. Quand on tire on raconte sa vie.

Sacré Tarantino ! Autant être clair tout de suite, votre serviteur n’est pas fan du bonhomme et de ses outrances
Je sais qu’il faut aimer Tarantino pour être branchouille et djeun's mais j’aurais bientôt 30 balais et j’ai fait une overdose de ketchup dans ma jeunesse donc le cinoche de Quentin peut difficilement me plaire, désolé « je suis trop vieux pour ces conneries ».

Néanmoins, l’excentrique des excentriques frappe cette fois là où on ne l’attendait plus, livrant un huis-clos sans crier gare qui rappelle les meilleurs instants de son Reservoir Dogs.

Etonnant et désopilant , The Hateful Eight ne souffre (quasi) jamais de mollesse du haut de ses 2h48 de pellicule (Iñárritu, si tu nous regardes…) et se profile comme étant le film de la maturité de son auteur.
Ici, aucun décalage musical insupportable n’est à signaler, aucun dialogue inopportun sur le cinéma allemand n’est à déplorer. 
Il reste bien sûr quelques excès d’hémoglobine mais l’énergie de l’œuvre semble canalisée pour nous offrir un bon spectacle théâtral, pas exempt de failles (caresse-t-il Lincoln dans le sens du poil pour apaiser les détracteurs de Django Unchained ?)  mais agréable à suivre jusqu’à son inévitable dénouement.


Note : 7,5/10